En me rendant à l'institut Karma Ling de plus en plus souvent, j'ai appris l'existence de cette retraite, sans savoir en quoi elle consistait. J'ai effectué une retraite de dix jours, et là, à quelques mètres de moi, derrière les palissades, des personnes étaient là depuis deux ans, à méditer. J'étais très impressionné et fasciné. Quand ils sont sortis, je suis venu les voir. Ils étaient beaux rayonnants, épanouis, sereins... c'était émouvant. Cette retraite m'a touché parce que je me suis tout de suite demandé si je pouvais la faire. Ma réponse étant « non, je ne peux pas la faire, je suis en famille avec des enfants et je ne me vois pas « enfermé » pendant trois ans », j'ai donc cherché à savoir pourquoi ils étaient entrés en retraite, et naturellement j'ai eu envie de raconter cette histoire.
Le film s'achève au moment où les portes d'entrée en retraite se referment pour trois ans, trois mois et trois jours. La première raison est toute simple. A partir du moment où l'on entre en retraite il n'y a plus de visite, donc pas de caméra, pas de perturbation ni distraction. Le propos de mon film est une suite de questionnements et non de réponses. Le film s'achève au moment où c'est à chacun d'y aller, de vivre sa propre expérience. Ce film est davantage un questionnement, une invitation à la spiritualité. Je serai bien sûr présent à l'ouverture des portes avec ma caméra en 2014 mais je ne suis pas sûr que cet autre film, celui de l'après-retraite existe.