Seven Doc

Production - édition vidéo - distribution de documentaires

photo portrait Anne Egger Seven Doc

Anne Egger

Auteur

Écrivain, essayiste, iconographe et commissaire d'exposition : quatre facettes pour une seule femme. Docteur en Histoire de l'art (Panthéon-Sorbonne) depuis 1998 et passionnée par la recherche, Anne Egger a au moins trois dadas : le Surréalisme, le Moyen Âge et l'Art flamand. À l'image de ce qu'elle a écrit sur Robert Desnos(1), « sa vie est sans vide ». Dans la droite ligne de son objectif qui est de faire connaître et aimer des sujets qui paraissent compliqués ou inaccessibles, donner envie à tous les publics, Anne est l'auteur des livrets Wifredo Lam et André Masson (elle prépare actuellement le livret Claude Cahun) des coffrets de notre collection PHARES qui offrent à chaque fois une approche nouvelle ou inédite de l'artiste.

  • Pourquoi écrivez-vous ?

L'écriture s'est imposée comme le seul moyen pour une personne comme moi réservée et un rien « sauvage » de transmettre. Ce qui me passionne, c'est l'histoire et la recherche. Revenir aux sources, trouver de nouvelles pistes, explorer ce qui ne l'a pas encore été. Lire, observer, se poser des questions. S'engouffrer dans les blancs. Rester hors des sentiers battus. L'important est de faire un travail sérieux mais aussi de pouvoir partager l'excitation de la découverte. Que ce soit dans un livre, dans une exposition, sur tout autre support. L'écriture vient ensuite. Au moment où le travail de synthèse se fait. Il faut alors rester clair et donner envie, se plier à la personnalité que l'on traite, d'autant qu'ils sont tous écrivains, poètes ou peintres. Et restituer le contexte dans lequel ils ont vécu.

  • Où votre engagement envers l'art surréaliste puise-t-il ses racines ?

Dans les chapiteaux des églises romanes ou dans les retables de Bosch que je voyais quand j'étais môme. Plus sérieusement, je suis « tombée » dans le surréalisme il y a une trentaine d'années un peu par hasard. Je m'intéressais à tout sans savoir quoi choisir ; je me dirigeais souvent vers des sujets transversaux mal acceptés à l'université ; puis vint mon premier job d'étudiante chez un expert en art spécialiste de Magritte. Ce fut une réelle découverte. Le surréalisme est le seul mouvement culturel ouvert à tous les sujets : la poésie, l'art, la politique, l'amour... Il permet ainsi d'aborder toute l'Histoire de la pensée du XXè siècle, époque aussi fascinante que tragique. 

  • Le surréalisme, une école, un mouvement ou une attitude ?

André Breton a dit, entre autres, que c'était une « disposition de l'esprit qui s'exerce dans le sens de l'inacceptation ». Le surréalisme est d'abord un événement historique, une aventure collective  et un mouvement d'idées au sens large. C'est avant tout un état d'esprit non-conformiste, une manière de vivre, de voir, de créer, de concevoir le monde. De rester disponible. Le surréalisme oblige en un mot à rester curieux.

  • Comment travaillez-vous avec le réalisateur Fabrice Maze ?

Je cherche, il dispose. Non, je plaisante. J'ai rencontré Fabrice lors de nos recherches concomitantes sur Robert Desnos. Il préparait le documentaire, j'étais plongé dans la biographie. Nous avons longuement discuté. L'important, dans ces métiers où nous faisons un travail de fond en solitaire, c'est de pouvoir confronter nos points de vue, échanger nos informations, partager nos découvertes, comme nos doutes, nos désillusions ou encore des fous rire. Le don du « partage » ou du « savoir » peut paraître évident, c'est loin d'être le cas. Avec Fabrice, il y eut tout de suite une confiance réciproque et un grand respect du travail de l'autre. Une communauté de travail, parce nous cherchons tous deux, et chacun à sa manière, d'aller au-delà des apparences, au-delà de ce qui est connu et répété sans cesse. Des affinités que nous avons vraiment mises en pratique avec Lam et Masson.

  • Au-delà de l'écriture des textes biographiques des livrets PHARES, jusqu'où s'étend votre travail avec Fabrice Maze ?

Il y a toujours eu un au-delà. Parfois nous avons les mêmes lectures qui nous tombent des bras. On se soutient pour aller jusqu'au bout. On peste alors ensemble. Je plaisante. Avec Claude Cahun, j'ai eu la possibilité de m'impliquer un peu plus dans un documentaire, en assistant à la fois et Séverine et Fabrice : trouver et contacter les institutions ou les collectionneurs privés, négocier les droits et les autorisations, trouver des sources documentaires inédites, préparer les rendez-vous du repérage ou du tournage, aller sur place dans les archives... Un travail rigoureux (de quoi déployer mon côté suisse allemand), qui me plaît autant que la recherche en solitaire. Peut-être suis-je en train de devenir plus sociable !? Propos recueillis par A.D.

Photo © Grégory Valton


(1). La biographie littéraire de Robert Desnos par Anne Egger, parue chez Fayard en 2007 a reçu deux prix : Bourse Thyde Monnier (Société des Gens de Lettres, 2007) ; médaille d'argent du Prix Émile Faguet (Académie française, 2008).


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